Quand s’éveille l’aube, tu
entres dans mon rêve déposant des souffles d’amour dans mon cou. Je contemple ton visage. Le soleil dans
tes yeux porte des voiliers d’étoiles. J’aime être toujours plus
prêt de toi, goutter à l’embrun de tes lèvres.
Le vent, dans mes cheveux
est comme une caresse qui est de toi. Tu es le vent et moi la mer. La crête des
vagues entoure ton ile bien aimée. Et malade d’amour, je fais naufrage sur tes
rives.
L’aube illumine nos clairs
matins d’euphorie. De nuit comme de jour, je pense à toi.Tu chevauches sur la plaine de mes désirs réveillant le monde des
frissons endormis.
Des souvenirs s’envolent
et reviennent hanter mon âme. Je vis dans la brume, entre
le ciel et la terre et ce n’est pas dans des rêves imaginaires. Ils soufflent
des airs d’amour et je me sens transporter au seuil des étoiles de tes yeux.
Dans mon cœur, tu es entré
un jour et tu y es resté. Je t’ai tellement aimé que cet amour m’a nourrie d’espérance.
Mais le temps qui passe, habillé de chagrins m’enfonce dans des abîmes de sable
mouvant.
Je cherche sur la surface
des rives marécageuses ton image. Le ciel teinté de grisaille
et la terre habité d’indifférence, je n’ai qu’un navire de brume qui m’emporte
au gré des vagues de l’errance. Quand ta pensée effleure
ma raison, j’arrête de vivre, plonger dans la peine. Toujours me reviennent ses
mêmes questions, pourquoi ton absence, pourquoi ton silence ?
Vivre ainsi dans la brume
fait toujours naître ma douleur. Et je ne vois plus le soleil, j’appareille
toujours sur les quais déserts où ton ombre me suit. Comment vivre pleinement chaque
jour quand ma peine me noie ? Mon amour, dis-moi ce que j’ai bien pu faire ? C’est
une souffrance indescriptible, inimaginable.
C’est au fil des jours, qu’en
tes berges blanches, j’aimerais déposer sur tes lèvres, le chant d’un baiser.
Je ne sais pas si tu prends le chemin de mes rêves, si dans tes désirs, tu me
rejoins. Je ne sais pas si mon image habite ton cœur, si à la tombée du soir,
tu penses à moi.
Dans ma mémoire, j’erre
dans des jardins de brume où tout est nostalgique, comme les pleurs de l’oiseau
qui grelotte dans les bois. Les fleurs radieuses qui m’accompagnent, illuminent
mes yeux par leur beauté me rendant captive de ton amour.
Sur ta rive, le soleil se
promène, enchanté il te remplit d’allégresse. Chaque matin, en frappant à ta
porte, il effeuille tes regards t’envoyant des accords de bonheur. Moi je le regarde passer à
côté de mon cœur, ignorant la noirceur qui me hante. Jamais tu ne
prends le chemin de l’exil où cachée dans l’oubli, je me perds.
C’est dans la brume de ma raison, quand je sombre dans de lugubres ombrages parcourant
les ténèbres du ciel. Bouleversée, je me dis que tu ne dois sûrement pas
m’aimer ni vouloir me revenir. Je me perds alors dans un cortège solitaire où
règne en maître, la vallée des peines.
Si tu savais comme j’ai
mal, je ne comprends pas pourquoi tu me refuses ton amour. Le soleil sur mon
corps, frisonne et le ciel voilé de grandes voiles blanches déroule son tapis de
cendre. Seule sur la grève où sommeille la marée,je cherche en vain la trace de tes pas.
Ces rivages parsemés de joncs et de roseaux,
indifférents, s’avancent dans la mer, s’abandonnent aux nappes des grandes
déferlantes. Je pense à toi mais la nuit qui fait fuir le jour, étend dans mon
cœur la douleur. Meurtrie, c’est dans
cette antre que je me réfugie et que je cri ton nom rester muet dans ma gorge.