C’est dans la brume de ma raison, quand je sombre dans de lugubres ombrages parcourant
les ténèbres du ciel. Bouleversée, je me dis que tu ne dois sûrement pas
m’aimer ni vouloir me revenir. Je me perds alors dans un cortège solitaire où
règne en maître, la vallée des peines.
Si tu savais comme j’ai
mal, je ne comprends pas pourquoi tu me refuses ton amour. Le soleil sur mon
corps, frisonne et le ciel voilé de grandes voiles blanches déroule son tapis de
cendre. Seule sur la grève où sommeille la marée,je cherche en vain la trace de tes pas.
Ces rivages parsemés de joncs et de roseaux,
indifférents, s’avancent dans la mer, s’abandonnent aux nappes des grandes
déferlantes. Je pense à toi mais la nuit qui fait fuir le jour, étend dans mon
cœur la douleur. Meurtrie, c’est dans
cette antre que je me réfugie et que je cri ton nom rester muet dans ma gorge.
Toi et moi, vivant dans
notre petit monde à part, hypersensibles, nous voulons faire
plaisir, être aimé. Le ciel est bleu, il s’ouvre
en pétale de rose dès l’aube. Toutes les saisons courbent la tête, soumis en
tout ce qui vient toucher terre.
Sous ce ciel d’éternité, déjà
teinté de bleu, je te cherche mon amour. De l’aube au crépuscule, ta pensée
voyage dans mes errances. Vendras-tu à ma rencontre dans l’étroit passage de
mes rêves ? Avant de m’endormir dans les bras des étoiles, je prendrai entre
mes mains, ton visage.
Tout le jour, je m’approche
du soleil qui s’endort toujours sur ton épaule. Quand tu fermes les yeux, je
croise le chemin qui m’emmène jusqu’à toi. Devant, il y a dix mille routes mais
mon cœur ne désire que ton ombre recouverte de symphonies.
Mais se peut-il que ton cœur
soit ailleurs ? Que tu n’aies pas été bien dans mon jardin aux milliers d’arômes
d’automne ? La pluie, depuis ses jours attristés, remplit mes yeux d’océans. Sous
mes pieds, je sens le vide toucher les constellations dispersées.
Chaque soir, je veille, avant
de m’endormir, je m’étends dans le rêve pour te voir. J’aime à refaire défiler la
bande des souvenirs, apercevoir de nouveau ton sérieux visage. Ainsi que voir les
sourires dans tes yeux. J’aime revivre tous ses merveilleux émois qui ont
touché mon cœur et qui m’ont amenée dans les frissons de l’ivresse. Cette magie
désormais me grise encore et m’emporte toujours avec toi sur les sentiers de l’errance.
Chaque soir, je goutte à
tes silences, ils sont comme une musique qui défile indéfiniment dans
la brume de ma raison. Je te vois et j’entends encore le son de ta voix. Oh mon
désirable amour, vois tes lèvres m’attirent et j’ai envie de tes baisers et de
la venue des étoiles au fond de mes yeux.