mardi 1 septembre 2026

Là où s'en vont les oiseaux

♥ Serge ♥

Là où s’en vont les oiseaux

Mon amour, voilà que les saisons poursuivent leur ronde chassant tranquillement les merveilleux jours de l’été. L’automne s’est glissé dans les jardins avec ses matins de brume, ses feuillages qui frémissent et ces après-midis où la lumière semble plus douce comme si le soleil savait que les beaux jours s’éloignent. Bientôt il déposera sous nos yeux, ses teintes cuivrées. Dans les arbres, les feuilles tremblent au moindre souffle. Certaines se détachent et descendent vers la terre dans une valse silencieuse.

Au-dessus d’elles, les oiseaux se rassemblent, ils se rapprochent les uns des autres avant le grand voyage, comme s’ils se racontaient en secret le chemin qu’il leur faudra prendre. Puis un bon matin, ils décident de prendre leur envol, ils quittent les branches familières, les jardins, les clochers, les vieux toits sous lesquels ils avaient trouvé refuge. Ils s’élèveront dans le ciel en une longue écriture mouvante.

Et moi, je les regarde disparaître.  Alors ma pensée se tourne encore vers toi. Car moi aussi mon amour, je connais ce désir étrange de vouloir partir vers quelqu’un. De quitter ses lieux où demeure l’absence pour rejoindre celui vers lequel mon cœur aspire. Mais contrairement aux oiseaux, je ne connais pas le chemin qui mène vers toi. Alors je demeure ici, seule avec ma solitude, mon attente. Et aussi avec ton souvenir et cette tendresse que les saisons n’ont jamais réussi à flétrir. Peut-être est-ce cela qui me bouleverse le plus, tout autour de moi sait partir tandis que mon cœur lui, ne sait pas s’éloigner de toi. Dans le silence qui m’entoure, il n’est pas un instant où mon cœur cesse de te chercher.

Et dans la parade du temps qui défile, les feuilles tombent. Les jardins se dépouillent. Les jours raccourcissent. La première fraîcheur s’installe aux fenêtres. Et pourtant, quelque part en moi, ton amour demeure dans une saison qui ne finit jamais. Je t’aime dans les matins où la brume s’accroche aux prés. Je t’aime lorsque les premières feuilles rousses viennent mourir sur les chemins. Je t’aime dans le silence des soirées plus longues. Je t’aime lorsque le ciel devient gris et que la maison semble écouter avec moi les bruits lointains du monde. Et parfois, lorsque j’entends le cri d’un oiseau au-dessus des toits, mon cœur se serre. Je me demande s’il ne serait pas un messager. S’il ne pourrait pas prendre dans son bec, mes mots d’amour et venir les déposer près de toi. Je lui confie alors ton nom. Je le supplie de ne pas l’oublier. Je lui demanderais aussi de traverser les nuages, les forêts, les villes et les longues distances pour aller te murmurer qu’ici, quelqu’un pense encore à toi. Quelqu’un qui regarde les oiseaux partir et se demande si tu ressens parfois la même nostalgie. Quelqu’un qui voudrait pouvoir s’envoler avec eux pou retrouver l’antre de tes bras.

Mon amour, mon cœur porte ton nom. C’est dans le ciel des nuits étoilées que ton ombre ranime mes désirs. Sur tes lèvres, je ressens la douceur de tes baisers qui m’emportent dans une lointaine contrée où le temps oublie d’avancer. Dans tes yeux où divaguent tes sourires, mon regard se perd et se noie dans des vagues qui nous emportent jusqu’au bout d’un voyage infini. Comme les oiseaux migrateurs qui ont quitté l’automne pour revienir au printemps.  Et tandis que le printemps fait renaître le monde sous les cendres de l’hiver, le vent vient déposer à mon oreille l’écho lointain de ta voix.   

©Janedeau Tous droit réservés

Toute reproduction ou utilisation de ce texte ainsi que tous mes autres, sans mon autorisation constitue une atteinte à mes droits d’auteure. Toute utilisation non autorisée peut constituer une violation du droit d'auteur et donner lieu aux recours prévus par la loi.



 

lundi 31 août 2026

Le chant qui porte ton nom


♥ Serge ♥

 Le chant qui porte ton nom

 Mon amour, ce soir, j’ai regardé les oiseaux regagner leurs nids. Ils traversaient le ciel par petites grappes silencieuses, leurs ailes dessinant de fragiles arabesques dans la lumière mourante. Je les ai suivis des yeux jusqu’à ce qu’ils ne soient plus que de minuscules ombres au-dessus des toits. Et je me suis demandée, connaissent-il l’appel mystérieux qui les fait quitter l’arbre, un ciel familier pour aller vers un endroit qu’on ne peut encore voir.

J’aurais aimé avoir leurs ailes pour aller jusqu’à toi. Je serais devenue tourterelle et j’aurais traversé les matins brumeux, les pluies et les longues nuits simplement pour venir me poser un instant près de ta fenêtre. Je n’aurais rien demandé. J’aurais seulement attendu que tu lèves les yeux. Il y a des jours sombres où ton absence ressemble une alcôve dont on aurait oublié d’allumer une lampe. Et les jours passent, continuant leur ronde. Les jours reviennent, les oiseaux chantent et les fleurs s’épanouissent. Mais quelque chose demeure dans l’ombre. Toi mon amour. Ton souvenir vient parfois se poser sur moi avec la légèreté d’une plume.

Puis il suffit alors d’un rien pour que tout recommence. Une voix entendue, une chanson, une lumière particulière sur les rideaux, une odeur de pluie dans le jardin, un soleil qui cherche une épaule pour s’endormir et soudain, je te retrouve. Assez pour que mon cœur s’emballe à nouveau.

Je te retrouve dans les matins où la lumière semble hésiter avant d’entrer dans ma chambre. Je te retrouve dans le chant des oiseaux qui s’éveillent avant moi. Je te retrouve dans les soirs où une étoile apparaît au-dessus des maisons. Et lorsque les oiseaux se taisent, lorsque ma chaumière devient silencieuse et que la nuit vient déposer ses ombres sur les murs, c’est encore vers toi que mes pensées se tournent. Alors je me demande souvent, si tu penses à moi, si quelque part au milieu d’une journée mon souvenir vient toucher ton cœur comme une aile légère. Si tu t’arrêtes une seconde, si tu lèves les yeux vers le ciel et si sans savoir pourquoi, tu ressens cette étrange douceur qui nous visite lorsque quelqu’un pense très fort à nous.

J’aimerais croire que oui. Comme les oiseaux, chaque année, retrouvent un chemin qu’ils n’ont jamais oublié. Peut-être que l’amour possède lui aussi sa mémoire secrète. Peut-être qu’il sait retrouver celui qu’il aime, même après de longues absences. Alors je continue de regarder les oiseaux, je leur confie ton nom. Je leur demande dans un murmure de te déposer quelque chose de moi, que malgré le temps et malgré les jours qui passent je garde au fond de mon cœur, une place où ton nom demeure intact. Et peut-être qu’un matin, un oiseau viendra chanter près de ma fenêtre alors je sourirai parce que je voudrai croire qu’il revient de quelque part où tu étais et dans son chant mélodieux, il aura rapporté jusqu’à moi un peu de toi.

Mon amour, tu habites mon coeur et mon âme ne retient qu’un seul nom dans le vent et c’est le tien. M’aimeras-tu assez pour me revenir un jour ? Quand tu es là, tu mets dans mes yeux, les plus belles étoiles qui chantent aussi ton nom.

©Janedeau Tous droit réservés

Toute reproduction ou utilisation de ce texte ainsi que tous mes autres, sans mon autorisation constitue une atteinte à mes droits d’auteure. Toute utilisation non autorisée peut constituer une violation du droit d'auteur et donner lieu aux recours prévus par la loi.



 

dimanche 30 août 2026

Je me suis perdue en t'attendant

♥ Serge ♥

Je me suis perdue en t'attendant

Mon cœur s’est perdu en t’attendant comme un bateau sans lumière qui dérive lorsque la nuit efface les rives. Je regarde autour de moi et je ne sais plus quel chemin prendre, je ne sais plus où aller avec tout cet amour que je garde encore. Pourtant les arbres sont là, ils sont des gites pour les oiseaux. Le vent fait frémir les feuilles. Et quelque part, les fleurs continuent de s’ouvrir. Peut-être n’as-tu jamais su combien de fois ton nom a traversé mes pensées. Combien de nuits je l'ai murmuré tout bas. Combien de matins j'ai espéré un signe.

Mon cœur ressemble à un paysage où l’automne fait son entrée trop tôt. Les feuilles tombent doucement sur les chemins de mes souvenirs. Et chaque feuille porte ton nom. Je voudrais parfois demander au vent de m’indiquer où tu es en cet instant même où mon cœur saigne. Je voudrais qu’il prenne mes mots et les amène jusqu’à toi. Qu’il te demande si tu penses à moi.

Mon amour, que caches-tu derrière tes yeux ? Est-ce que les étoiles qui y habitent viennent d’une autre galaxie ? Se sont-elles perdues dans les océans cosmiques ? T’ont-elles donné un autre amour ? Prends-tu sa main comme moi, je rêve de prendre la tienne ? Les larmes montent le courant jusqu’à mes yeux mais j’ai bâti un barrage qui sait les retenir, alors personne ne connaît ma souffrance.

Certains jours, je me demande, ce qui ne va pas chez moi. Je cherche dans mes souvenirs ce que j’aurais pu faire de si différent, ce qui aurait pu me rendre plus digne d’être aimée, plus belle à tes yeux, plus facile à choisir. Alors ma confiance en moi vacille. Elle devient plus fragile comme une flamme au moindre souffle. Je me demande si j’ai quelque chose de moins que les autres, si mon cœur n’a pas été assez beau pour retenir le tien.  Toutes ses pensées me blessent tellement. Comme l’été chassé par l‘automne qui fait frissonner les branches et disparaît au loin.

Mon amour, je reste seule avec toutes mes interrogations et je me demande, est-ce que je t’ai aimé trop fort, croyant que nos chemins allaient se rejoindre ? Pourquoi ne m’as-tu pas laissé une chance ? après ses lettres si douces et si merveilleuses, Tu n’as pas voulu essayer de comprendre mes peurs. Les autres sont-ils tous mieux que moi ?

Pourtant chaque soir, lorsque je ferme les yeux, je te retrouve encore dans mes rêves, dans mes souvenirs, dans ses endroits secrets où l’amour continue de vivre. Comment puis-je donc maintenant retrouver mon chemin lorsque toi que j’aime, tu es devenu tout mon horizon. Ton souvenir a laissé quelque chose en moi, une douceur, une blessure, une lumière aussi.

Malgré la tristesse qui marche à mes côtés, je garde en mémoire, les sourires de tes yeux tes silences, mes pas sur la mer qui te cherche et le vent qui m’emporte ta voix et qui défait mes cheveux comme si c’était ta main mon amour. Si tu pouvais me dire, pourquoi sans toi. Car je meurs vraiment un peu plus chaque jour.

©Janedeau Tous droit réservés

Toute reproduction ou utilisation de ce texte ainsi que tous mes autres, sans mon autorisation constitue une atteinte à mes droits d’auteure. Toute utilisation non autorisée peut constituer une violation du droit d'auteur et donner lieu aux recours prévus par la loi.