dimanche 26 juillet 2026

Pourquoi suis-je si différente des autres

.

 

♥ Serge ♥

Pourquoi suis-je si différente des autres

 Mon amour, ton absence remplit mon ciel de lune. Ton visage resté imprégner se mire toujours aux sources de mes rêves. Et c’est à la fontaine de mes pensées qu’à chaque instant, je viens m’abreuver aux délices de ton souvenir. Je ne t’ai jamais oublié.

 Comme tu tardes, souvent cette question m’accompagne et suis mon ombre mais elle ne dit rien. Son silence me porte à réflexion dans le jardin qui s’est tu. Je regarde les vignes couvrant les vieux murs de mon foyer. Elles ne demandent jamais pourquoi le printemps les choisit. Les rivières ne se demandent pas pourquoi la mer les accueille. Les oiseaux ne comparent pas leurs chants, ils offrent simplement celui que leur âme connait.

 Alors pourquoi apprenons-nous si facilement à mesurer notre lumière avec celle des autres ? J’ai parfois l’impression d’être un coquillage rejeté loin de la marée. Pourtant le sable reste le même sable et le ciel, le même pour tous.

 Je me dis, peut-être ai-je une lumière qui ne ressemble pas à aucune autre. Peut-être que je souffre seulement parce que je cherche à fleurir un autre jardin que le mien.  Et si je n’avais rien de moins ? Peut-être suis-je une saison différente, celle qui s’appelle amour. Que ma floraison soit plus tardive comme mon cœur qui t’a choisi et qui perdure tout au fil des années. Sans doute ne suis-je qu’un rivage que la mer atteint que lorsqu'elle trouve ton ile.

 Alors cette question qui me poursuivait depuis tant d’années, je dois l’effacer et t’attendre patiemment mon amour, que tu vois ma lumière que je garde en silence. Que ma beauté se révèle que lorsque tu me reviendras.

 D’ici là, je garde ton souvenir en mémoire, les sourires dans tes yeux ont la profondeur des baies où la mer vient déposer ses plus beaux silences. Pour te retrouver dans la brume des rêves, je cueille ta solitude et fleuris ton nom, Serge, Serge, jusqu’à ce que tu m’aimes et que tu me reviennes.

©Janedeau



 

samedi 25 juillet 2026

Ma solitude


♥ Serge ♥

Ma solitude

Mon amour, la solitude se tait comme le silence, sur un jardin endormi. Même les fleurs semblent la reconnaitre. Les roses ne livrent plus leurs secrets parfumés. Et les tournesols qui montent jusqu’au ciel oublient le soleil.

  Depuis longtemps, elle habite ma maison. Chaque soir, elle prend ta place là où j’aurais voulu voir ton sourire dans les yeux. Mais la nuit qui décroche une étoile m’emporte loin de ton ile. Alors je marche sur les vagues cueillant des gerbes d’écume pour que n’apparaissent pas mes larmes. Les oiseaux des rivages se laissent porter par les ailes du vent. Les marées écoutent gronder les ressacs contre les écueils.  Mon âme fait naufrage.

 Mais je pense encore à toi mon amour, mon cœur a gardé ton nom. Celui que tous les océans du monde n’ont pu emporter. Mon horizon de rêve est une fenêtre qui s’ouvre sur ton souvenir. Ton ombre chaque jour veille dans mes pensées. Ma solitude refuse de te quitter. Dis-moi, pourras-tu à jamais m’aimer et me revenir ? Est-ce que je saurai survivre ? Laisseras-tu un jour, ton cœur dériver entre mes bras et effacer les tourments de ma solitude ?

©Janedeau





 

vendredi 24 juillet 2026

Dérive


♥ ♥

Dérive

Mon amour, ce soir, la tristesse baigne dans mes yeux et le ciel porte la couleur  de ma défaite. Depuis ce matin, le vent ne frappe plus à ma porte disant ton nom, il passe sans s’arrêter comme s’il avait oublié le chemin de mon existence.

 La mer me fait osciller de droite à gauche portant ma barque sur des vagues en furie, le brouillard s’installe et je ne distingue plus la rive où je croyais accoster. Ce soir ma barque dérive. Je rame encore mais mes mains sont fatiguées. Je regarde les étoiles et j’ai l’impression qu’elles m’évitent car elles ne me conduisent plus jusqu’à tes yeux. Je me demande si quelque part, tu lèves parfois ton regard vers ce même ciel. Si une pensée de moi traverse ton cœur. J’aimerais croire que oui.

 Mais la nuit qui reste toujours éveiller semble disperser les déchirures du silence ou désassembler quelques rêves trop fragiles. Immobile, j’écoute la rosée du soir écrire sur les vitres, une lettre que personne ne lira. Chaque goutte ressemble à un mot que je n’ai jamais eu le courage de te dire. Toi, tu vas ici et là, dans un autre refuge où parait la lumière. Ce soir, le courage m’abandonne, ma flamme vacille et je sens l’espérance glisser entre mes doigts. Pourtant il demeure tout au fond de moi, une chose que la tristesse n’a pas réussi à emporter, une minuscule braise, si discrète que je dois presque fermer les yeux pour la voir.

 À trop vouloir t’aimer, l’attente m’a brûlée. Elle a fait céder les barrages des saisons.  Les étoiles lointaines deviennent des îles. Et toi, à quelque part au bout de l’horizon tu donnes du bonheur à ce monde de l’univers qui n’est pas mien.  Que pourrais-je donc désirer ? Ma vie n’est encore que défaite m’enfonçant toujours un peu plus sur des sables mouvants. J’ai le cœur sans amour, blessé et brisé. Pourquoi pour toi, suis-je donc moins que les autres ?

 Que demander maintenant à la vie… Peut-être de prendre soin de ce cœur qui t’a aimé sans compter. Et si au détour d’une rêve, tu entends ton nom porté par une vague, ne cherche pas d’où elle vient. Ce sera simplement mon amour qui continue de naviguer même lorsque l’espoir semble sombrer.

©Janedeau