mercredi 2 septembre 2026

Ton île


♥ Serge ♥

Ton île

Ton île est une terre secrète où le temps semble s’être arrêté et où les marées viennent déposer leurs secrets au milieu des dunes sablonneuses. Elle porte ses rivages à rêver de solitude. En ce matin d’aube rose, je pense à toi tandis que les oyats frémissaient sous la caresse du soir. Le soleil a échoué sur ton île mon amour. Comme moi, je voudrais aussi arriver jusqu’à toi et me reposer entre tes bras, attendre que ton île s’endorme sous le murmure de l’écume, tandis que les dernières lueurs du jour glisseraient sur ses landes.

Mon amour, sur ton île, les oiseaux chantent ton nom aux vagues de soleil d’or qui me berce tendrement. Je les entends et je porte à mes lèvres, ton doux souvenir comme une liqueur douce qui m’abreuverait de tes succulents baisers.

Dans la nuit qui monte dans la brunante, je pense encore à toi, à ta voix que je cherche désespéramment, dans le chuchotis d’un soir d’été lorsque les lucioles éclairent les mots d’amour que je viens t’écrire.

Ta voix est comme une musique mélodieuse. Il suffit qu’elle me parvienne pour que quelque chose en moi s’éveille. Mon amour, si tu savais combien j’aime entendre ta voix… Elle traverse mes silences, bouleverse mes pensées et vient toucher en moi cet endroit secret où je garde tout ce que je n’ai jamais osé te dire. »  

·       L’oyat — grande graminée qui pousse dans les dunes.

 

©Janedeau Tous droit réservés

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Dure journée aujourd'hui, donc une image déjà mis 


 

mardi 1 septembre 2026

Là où s'en vont les oiseaux

♥ Serge ♥

Là où s’en vont les oiseaux

Mon amour, voilà que les saisons poursuivent leur ronde chassant tranquillement les merveilleux jours de l’été. L’automne s’est glissé dans les jardins avec ses matins de brume, ses feuillages qui frémissent et ces après-midis où la lumière semble plus douce comme si le soleil savait que les beaux jours s’éloignent. Bientôt il déposera sous nos yeux, ses teintes cuivrées. Dans les arbres, les feuilles tremblent au moindre souffle. Certaines se détachent et descendent vers la terre dans une valse silencieuse.

Au-dessus d’elles, les oiseaux se rassemblent, ils se rapprochent les uns des autres avant le grand voyage, comme s’ils se racontaient en secret le chemin qu’il leur faudra prendre. Puis un bon matin, ils décident de prendre leur envol, ils quittent les branches familières, les jardins, les clochers, les vieux toits sous lesquels ils avaient trouvé refuge. Ils s’élèveront dans le ciel en une longue écriture mouvante.

Et moi, je les regarde disparaître.  Alors ma pensée se tourne encore vers toi. Car moi aussi mon amour, je connais ce désir étrange de vouloir partir vers quelqu’un. De quitter ses lieux où demeure l’absence pour rejoindre celui vers lequel mon cœur aspire. Mais contrairement aux oiseaux, je ne connais pas le chemin qui mène vers toi. Alors je demeure ici, seule avec ma solitude, mon attente. Et aussi avec ton souvenir et cette tendresse que les saisons n’ont jamais réussi à flétrir. Peut-être est-ce cela qui me bouleverse le plus, tout autour de moi sait partir tandis que mon cœur lui, ne sait pas s’éloigner de toi. Dans le silence qui m’entoure, il n’est pas un instant où mon cœur cesse de te chercher.

Et dans la parade du temps qui défile, les feuilles tombent. Les jardins se dépouillent. Les jours raccourcissent. La première fraîcheur s’installe aux fenêtres. Et pourtant, quelque part en moi, ton amour demeure dans une saison qui ne finit jamais. Je t’aime dans les matins où la brume s’accroche aux prés. Je t’aime lorsque les premières feuilles rousses viennent mourir sur les chemins. Je t’aime dans le silence des soirées plus longues. Je t’aime lorsque le ciel devient gris et que la maison semble écouter avec moi les bruits lointains du monde. Et parfois, lorsque j’entends le cri d’un oiseau au-dessus des toits, mon cœur se serre. Je me demande s’il ne serait pas un messager. S’il ne pourrait pas prendre dans son bec, mes mots d’amour et venir les déposer près de toi. Je lui confie alors ton nom. Je le supplie de ne pas l’oublier. Je lui demanderais aussi de traverser les nuages, les forêts, les villes et les longues distances pour aller te murmurer qu’ici, quelqu’un pense encore à toi. Quelqu’un qui regarde les oiseaux partir et se demande si tu ressens parfois la même nostalgie. Quelqu’un qui voudrait pouvoir s’envoler avec eux pou retrouver l’antre de tes bras.

Mon amour, mon cœur porte ton nom. C’est dans le ciel des nuits étoilées que ton ombre ranime mes désirs. Sur tes lèvres, je ressens la douceur de tes baisers qui m’emportent dans une lointaine contrée où le temps oublie d’avancer. Dans tes yeux où divaguent tes sourires, mon regard se perd et se noie dans des vagues qui nous emportent jusqu’au bout d’un voyage infini. Comme les oiseaux migrateurs qui ont quitté l’automne pour revienir au printemps.  Et tandis que le printemps fait renaître le monde sous les cendres de l’hiver, le vent vient déposer à mon oreille l’écho lointain de ta voix.   

©Janedeau Tous droit réservés

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lundi 31 août 2026

Le chant qui porte ton nom


♥ Serge ♥

 Le chant qui porte ton nom

 Mon amour, ce soir, j’ai regardé les oiseaux regagner leurs nids. Ils traversaient le ciel par petites grappes silencieuses, leurs ailes dessinant de fragiles arabesques dans la lumière mourante. Je les ai suivis des yeux jusqu’à ce qu’ils ne soient plus que de minuscules ombres au-dessus des toits. Et je me suis demandée, connaissent-il l’appel mystérieux qui les fait quitter l’arbre, un ciel familier pour aller vers un endroit qu’on ne peut encore voir.

J’aurais aimé avoir leurs ailes pour aller jusqu’à toi. Je serais devenue tourterelle et j’aurais traversé les matins brumeux, les pluies et les longues nuits simplement pour venir me poser un instant près de ta fenêtre. Je n’aurais rien demandé. J’aurais seulement attendu que tu lèves les yeux. Il y a des jours sombres où ton absence ressemble une alcôve dont on aurait oublié d’allumer une lampe. Et les jours passent, continuant leur ronde. Les jours reviennent, les oiseaux chantent et les fleurs s’épanouissent. Mais quelque chose demeure dans l’ombre. Toi mon amour. Ton souvenir vient parfois se poser sur moi avec la légèreté d’une plume.

Puis il suffit alors d’un rien pour que tout recommence. Une voix entendue, une chanson, une lumière particulière sur les rideaux, une odeur de pluie dans le jardin, un soleil qui cherche une épaule pour s’endormir et soudain, je te retrouve. Assez pour que mon cœur s’emballe à nouveau.

Je te retrouve dans les matins où la lumière semble hésiter avant d’entrer dans ma chambre. Je te retrouve dans le chant des oiseaux qui s’éveillent avant moi. Je te retrouve dans les soirs où une étoile apparaît au-dessus des maisons. Et lorsque les oiseaux se taisent, lorsque ma chaumière devient silencieuse et que la nuit vient déposer ses ombres sur les murs, c’est encore vers toi que mes pensées se tournent. Alors je me demande souvent, si tu penses à moi, si quelque part au milieu d’une journée mon souvenir vient toucher ton cœur comme une aile légère. Si tu t’arrêtes une seconde, si tu lèves les yeux vers le ciel et si sans savoir pourquoi, tu ressens cette étrange douceur qui nous visite lorsque quelqu’un pense très fort à nous.

J’aimerais croire que oui. Comme les oiseaux, chaque année, retrouvent un chemin qu’ils n’ont jamais oublié. Peut-être que l’amour possède lui aussi sa mémoire secrète. Peut-être qu’il sait retrouver celui qu’il aime, même après de longues absences. Alors je continue de regarder les oiseaux, je leur confie ton nom. Je leur demande dans un murmure de te déposer quelque chose de moi, que malgré le temps et malgré les jours qui passent je garde au fond de mon cœur, une place où ton nom demeure intact. Et peut-être qu’un matin, un oiseau viendra chanter près de ma fenêtre alors je sourirai parce que je voudrai croire qu’il revient de quelque part où tu étais et dans son chant mélodieux, il aura rapporté jusqu’à moi un peu de toi.

Mon amour, tu habites mon coeur et mon âme ne retient qu’un seul nom dans le vent et c’est le tien. M’aimeras-tu assez pour me revenir un jour ? Quand tu es là, tu mets dans mes yeux, les plus belles étoiles qui chantent aussi ton nom.

©Janedeau Tous droit réservés

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