♥ Serge ♥
Ce que le vent m’a laissé
Au bord du chemin, en m’y promenant ce matin, j’y ai trouvé une plume si légère qu’un souffle aurait pu l’emporter. Je l’ai prise entre mes doigts avec cette étrange douceur que l’on réserve aux choses qui traversent le ciel. Elle était blanche et fine, presque transparente dans la lumière et je me suis mise à penser à toi, mon amour. Je me suis demandée si le vent dans son voyage n’avait pas ramassé cette plume d'oiseau quelque part près de toi pour venir doucement la déposer à mes pieds. Car je sais que tu confies au vent ce que tes lèvres taisent. Mon amour, je me suis dit : peut-être avait-elle entendu ta voix, traverser ton silence, connu un instant la chaleur de ton monde. Alors je l’ai gardée contre mon cœur, comme on garde une lettre dont on ne connaît pas les mots. Elle ne disait rien et pourtant j’y entendais quelque chose de toi. Il y avait dans sa fragilité toute la douceur de ce que je ressens lorsque je pense à toi.
Et tandis que le soir descendait sur les arbres, j’ai compris qu’il ne faut parfois presque rien pour réveiller un grand amour, une plume, un souffle de vent, un peu de lumière et le souvenir d’un homme que mon cœur n’a jamais cessé d’attendre. Je l’ai déposée près de moi pour la nuit comme si elle pouvait veiller sur mes rêves. Car tu sais déjà ce que mon cœur garde pour toi. Alors je me suis dit mon amour, que peut-être demain, si le vent te raconte mes émois, qu’il m’en apportera une autre portant cette fois un peu plus de toi.
©Janedeau Tous droit réservés
Toute reproduction ou utilisation de ce texte ainsi que tous mes autres, sans mon autorisation constitue une atteinte à mes droits d’auteure. Toute utilisation non autorisée peut constituer une violation du droit d'auteur et donner lieu aux recours prévus par la loi.




