samedi 5 septembre 2026

Ce que le vent m'a laissé



♥ Serge ♥

Ce que le vent m’a laissé

Au bord du chemin, en m’y promenant ce matin, j’y ai trouvé une plume si légère qu’un souffle aurait pu l’emporter. Je l’ai prise entre mes doigts avec cette étrange douceur que l’on réserve aux choses qui traversent le ciel. Elle était blanche et fine, presque transparente dans la lumière et je me suis mise à penser à toi, mon amour. Je me suis demandée si le vent dans son voyage n’avait pas ramassé cette plume d'oiseau quelque part près de toi pour venir doucement la déposer à mes pieds. Car je sais que tu confies au vent ce que tes lèvres taisent. Mon amour, je me suis dit : peut-être avait-elle entendu ta voix, traverser ton silence, connu un instant la chaleur de ton monde. Alors je l’ai gardée contre mon cœur, comme on garde une lettre dont on ne connaît pas les mots. Elle ne disait rien et pourtant j’y entendais quelque chose de toi. Il y avait dans sa fragilité toute la douceur de ce que je ressens lorsque je pense à toi.

 Et tandis que le soir descendait sur les arbres, j’ai compris qu’il ne faut parfois presque rien pour réveiller un grand amour, une plume, un souffle de vent, un peu de lumière et le souvenir d’un homme que mon cœur n’a jamais cessé d’attendre. Je l’ai déposée près de moi pour la nuit comme si elle pouvait veiller sur mes rêves. Car tu sais déjà ce que mon cœur garde pour toi. Alors je me suis dit mon amour, que peut-être demain, si le vent te raconte mes émois, qu’il m’en apportera une autre portant cette fois un peu plus de toi. 

©Janedeau Tous droit réservés

Toute reproduction ou utilisation de ce texte ainsi que tous mes autres, sans mon autorisation constitue une atteinte à mes droits d’auteure. Toute utilisation non autorisée peut constituer une violation du droit d'auteur et donner lieu aux recours prévus par la loi.



 

vendredi 4 septembre 2026

Là où les ailes reviennent

♥ Serge ♥

Là où les ailes reviennent

Il y a dans les ramures, de petits nids que le vent n’a pas encore emportés. Je les regarde et je pense à toi. À ses fragiles demeures que les oiseaux construisent avec chaque brindille comme si la douceur de chaque rameau pouvait retenir quelqu’un près de soi. J’aimerais avoir un gîte semblable quelque part sous la voûte du ciel où mon cœur pourrait t’attendre.  J’y déposerais mes rêves, quelques plumes de tendresse et tous les mots que je n’ai jamais pu te dire. Et lorsque viendrait le soir, je laisserais la porte ouverte, espérant que le vent dépose enfin ton retour sur le seuil de mon cœur. Peut-être qu’un jour une colombe viendrait se poser sur mon toit et qu’elle aurait rapporté jusqu’à moi un peu de toi. Une douce chaleur de ton passage, une poussière de ton ciel, quelque chose qui aurait gardé la mémoire de ton nom. Car mon amour ressemble à ces nids que l’on croit vides : dans le silence des branches, ils semblent dénudés, mais au creux de leurs fragiles demeures réside encore la chaleur de ce qui y fut aimé. Et moi, je garde le mien au creux de mon cœur, comme un refuge secret où ton souvenir revient dormir chaque nuit. Si tu savais comme j’aimerais, un jour, te voir revenir vers moi et comprendre que toutes ces années, mon cœur n’avait construit ce nid que pour toi.

Mon amour, je t’aime d’un amour qui ne sait pas partir, même lorsque les saisons changent autour de moi. Tu es demeuré dans mon cœur comme une lumière cachée que les années n’ont jamais réussi à éteindre. Il y a en moi un endroit que je n’ai jamais offert à personne d’autre, et c’est là que ton nom repose. Parfois, je ferme les yeux et il me semble que ton souvenir vient doucement se poser contre mon âme. Tu représentes pour moi : un amour que le temps n’a pas su déraciner. Je t’aime dans le silence de tes absences, dans les mots que nous n’avons pas dits et dans tous les chemins que nos cœurs n’ont pas encore parcourus. Tu es cette présence invisible qui accompagne mes jours, comme une étoile accompagne la nuit sans jamais toucher la terre. Mon amour, si tu pouvais enfin comprendre comme je t’aime. Si tu pouvais revenir vers moi sous ce beau ciel de lumière, oh combien il éclairerait mon cœur.

©Janedeau Tous droit réservés

Toute reproduction ou utilisation de ce texte ainsi que tous mes autres, sans mon autorisation constitue une atteinte à mes droits d’auteure. Toute utilisation non autorisée peut constituer une violation du droit d'auteur et donner lieu aux recours prévus par la loi.

·       Ramure : l'ensemble des branches et des rameaux d'un arbre

·       Rameau : Branche de second ordre des arbres, des plantes herbacées



 

jeudi 3 septembre 2026

Là où demeure mon coeur

♥ Serge ♥

 Là où mon cœur demeure

Là où mon cœur demeure, s’étend la vallée où je t’aime, elle est une grande page de lumière où le vent vient écrire dans les arbres mes mots d’amour pour toi. Elle porte au creux de ses collines le murmure des ruisseaux et sur ses rives, le parfum sauvage des bruyères. J’aime les matins où l’aube semble déposer une caresse d’or sur les ombres endormies. J’aime ses grands espaces où mes rêveries accostent au quai d’un vaste ciel. Elle à le chant des flots lorsqu’ils viennent doucement mourir contre le rivage. Elle a la voix des forêts, le parfum des roses et la douceur des chemins après la pluie.

 Mon amour, ma vallée est un lit de verdure, faite de saisons, de lumière et de souvenirs où tous les paysages ne parlent que de toi. Toi, que mon cœur a choisi ! Tu habites mes pensées comme le crépuscule qui colore le ciel quand le soir descend. Je te porte en moi comme la rivière porte ses secrets avec cette fidélité silencieuse que nul dégel ne peut effacer. Il suffit parfois d’un souffle de vent, d’une rumeur venue de l’horizon pour que ton visage se lève en moi comme l’aurore. Je ne sais pas si tu réalises toute l’espace que tu occupes dans mon cœur, mais il y a des amours qui deviennent une vallée à eux seuls.  La mienne porte ton nom. Même lorsque le silence m’entoure, quelque chose en moi réveille ta pensée.

Je t’aime dans ton absence comme je t’aimerais dans ta présence, avec la même douceur, le même vertige et la même espérance Mais je me demande, chaque jour qui s’éloigne, qui te retient loin de moi ? Pourquoi mon amour demeure-t-il sur le rivage de ton cœur, sans jamais trouver le chemin pour y entrer ? Ton absence me fait mal comme une marée sans retour, laissant mon cœur seul sur le rivage où je t’attends encore. Pourtant mon amour pour toi est si fort que ton absence en elle-même devient poésie.

©Janedeau Tous droit réservés

Toute reproduction ou utilisation de ce texte ainsi que tous mes autres, sans mon autorisation constitue une atteinte à mes droits d’auteure. Toute utilisation non autorisée peut constituer une violation du droit d'auteur et donner lieu aux recours prévus par la loi.