Tu
étais entré dans mon cœur comme le soleil entre dans les maisons inhabitées. Depuis ton absence, je regarde souvent les
marées. Elles s’éloignent puis elles reviennent. Peut-être certains amours leur
ressemblent. Ils disparaissent à l’horizon sans cesser d’appartenir à la mer.
Si
tu savais… les lilas embaument davantage lorsque je prononce ton nom. Les
goélands sur le ciel du soir, semblent désirer ton retour. La lune s’attarde plus
longtemps au-dessus de ma fenêtre lorsque je pense à toi. Si tu t’arrêtais une seconde pour réfléchir,
tu comprendrais peut-être qu’on peut aimer quelqu’un sans bruit comme la mousse
des rivages aime la pierre qu’elle enlace depuis des années. Comme la vigne qui
courre sans jamais s’arrêter ni demander notre admiration. Comme
la mer qui revient inlassablement à ses premiers amours, le rivage.
Tu
ignores peut-être que tu es devenu le paysage de mon âme. Que chaque jour, tu
fleuris toutes mes pensées sur les jardins de l’aube jusqu’au couchant du
soleil. Pour survivre, j’ensemence à chaque instant, ton souvenir. C’est dans
la brume de ma raison que je goutte à tes délices. Tes baisers ont le goût des
fruits sauvages et tes étreintes, une envolée de papillons enfiévrant mon cœur. Alors je ferme bien fort les yeux
pour voir encore plus ton visage.
Tu
es mon amour, ton absence me fait des bleus au cœur. Quand comprendras-tu que mon
amour pour toi porte des ailes et n’attend que toi sous l’arche du ciel bleu.
Mon cœur se repli dans les grottes du silences et t’appellent encore et encore.
Mon
amour, tu es arrivé dans ma vie comme l’aube arrive sur la mer. Sans bruit. Et
pourtant, les vagues n’avaient plus la même lumière. Depuis, il suffit qu’une
brise traverse les grands pins pour que je t’imagine dans mon jardin. Le vent
connaît les chemins de ton cœur. Les oiseaux connaissent les silences que tu
laisses derrière toi.
Tu
ne sais peut-être pas que tu habites encore mes saisons. Lorsque les fleurs
s’ouvrent au printemps, je pense à ton regard qui avait cette douceur des matins
où la rosée a quitter les pétales. Comme si le ciel avait peur de quitter la
terre.
Ta
voix, je ne l’entends plus et pourtant, certains soirs, ta rivière bleue
emprunte encore ton intonation. Elle parle tout bas en contournant les pierres
comme si elle avait appris qu’il existe des mots qui n’ont pas besoin d’être
prononcés pour être entendus.
Mon
amour, tes yeux sont des fenêtres ouvertes sur l’horizon où mon âme rencontre
le bonheur, leur lumière rejoint celle de mes yeux et semble se poser sur les
branches pareilles à des oiseaux qui ont enfin trouvé leur nid. Tu es entré
dans mon cœur en ce lointain jour, depuis, je n’ai que toi comme seul et unique
amour.
Je
repasse les souvenirs dans ma tête, avec des regrets de n’avoir pas expliqué le
pourquoi des refus. Quand j’y pense, cela a surement été la cause de ma
défaite.
Qui-Je
suis-je donc mon grand amour ? Je suis la mystérieuse rêveuse qui t’a vraiment
aimé. Tous ses secrets que j’ai gardé enfouie, je n’attends que ta demande pour
te les dévoilés. Dans mon cœur, il n‘y a que ton ombre qui peuplent mes
souvenirs, que toi que je t’attends.