Mon
amour, me voici de retour longeant un petit ruisseau où les fougères cachent encore
l’empreinte des rêves. L’onde qui se recueille n’a pas oublié ton visage. Je
revois encore tes sourires empreint de bonheur. Comme je suis heureuse quand ta
pensée m’emporte au-dessus des collines, par-dessus ta rivière bleue jusqu’au seuil de tes silences.
Mon
amour, comme je voudrais que tu penses à moi, que ton amour vienne se poser
dans mon cœur. Que l’aube de mes matins perdus refleurissent avec ton ombre et
redonne un chant aux oiseaux qui se sont tus.
Je
refais cent fois l’itinéraire de ton voyage sondant le fond des marées qui a
gardé en mémoire ton souvenir. Elles continuent de garder le chuchotement des
vagues qui me parlent toujours de toi.Dans la paume des jours, tendant l’oreille, j’entends encore la mer qui
prononce ton nom.
Mon
amour, il reste au fond de mon âme, un jardin qui sait te trouver, ta rivière
bleue qui m’abreuve de rêveries et d’espoir. Il y reste des étoiles qui
habitent encore dans tes yeux et cherchent la lumière d’un amour. Dans mon jardin, chaque jour, une fleur qui
s’ouvre demande au vent, ta main.
Il
paraît que les fleurs s’épanouissent chaque jour, moi, j’attends que mon cœur s’éveille
à la lumière de l’aube qui m’apportera un peu d’espérance.
Chaque
matin, j’ouvre ma fenêtre et le vent m’apporte le parfum des jardins, les
oiseaux reprennent leur chant et le soleil descend sur
nous caressant les mêmes chemins. Pourtant, en moi, quelque chose s’est arrêté.
Je ne crois plus en ton retour. Les
heures défilent dans un cortège monotone, je ne te vois pas. Je t’imagine
filant le grand amour. Cette pensée me brise le cœur, l’échec m’offre encore un
trophée. Il me faudrait penser "je les
collectionne"…
Pourquoi
suis-je née ? Sinon que pour pleurer toujours des défaites. Les
merveilleuses étoiles de tes yeux qui faisaient battre mon cœur plus vite ont
perdue leur brillance. Comme s’est perdu, l’écho de ta voix dans le vent en
rafale.
Pourtant
je croyais à la douceur d’un regard sincère, à une main cherchant une autre
main. Je croyais au silence partagé, à la pluie qui rapproche, au vent qui
porte toujours l’écho d’un même prénom.
Devrais-je
ressembler aux fleurs de mon jardin qui s’offre au printemps et à l’été sans
savoir combien de temps durera la lumière. Dois-je espérer encore et encore
laissant mon cœur refleurir à une deuxième vie ?
Si
un jour tu me reviens par le sentier des souvenirs, tu me retrouveras assise
sous le vieux ciel de mes rêves. Je ne sais rien d'autre, que t’aimer en silence.