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♥ Serge ♥
Les mots que mon cœur te confie
Là où les vagues bleues viennent mourir contre le rivage, mes mots cherchent encore un chemin jusqu’à toi. Et lorsque le soir étend ses voiles sur la mer, ma plume s’éveille dans le silence, comme si ton souvenir venait doucement lui prendre la main. Sous les nuées voyageuses, j’envoie mes pensées vers les grandes étendues, espérant qu’une brise les conduira jusqu’à ton cœur.
Mes mots sont nés de ton absence, de ces longues heures où mon âme écoute au loin la rumeur du monde en attendant quelque chose de toi. Où que je sois, ma pensée revient vers ce même rivage intérieur où ton souvenir demeure, comme une barque que les flots auraient refusé d’emporter. Tout ce que je n’ai jamais su déposer entre tes mains, je le confie maintenant à ma plume, mot après mot, comme on confie une prière au vent. Si tu savais combien de fois ton nom a tremblé au bord de mes lèvres avant de devenir encre sur le papier.
Quand la nuit frémit sous les branches et que les oiseaux se taisent, j’entends parfois mon cœur continuer de t’appeler dans l’obscurité. Une étoile après l’autre, je cherche dans le ciel un signe qui me dirait que quelque part, ta pensée vient aussi jusqu’à moi. Et je me surprends à croire que le vent connaît les chemins secrets qui relient les êtres lorsque leurs mains ne peuvent plus se rejoindre. Même l’aube, lorsqu’elle dépose sa lumière pâle sur les roses encore couvertes de rosée, me ramène à toi. On dirait alors que le monde entier devient une lettre ouverte, et que chaque frémissement de feuille y murmure quelque chose de ton passage.
Nulle part je ne peux échapper à cette douce empreinte que tu as laissée en moi : je la retrouve dans les rivières, dans les vallées, dans la lumière qui glisse sur les chemins. C’est peut-être pour cela que j’écris : pour que mon amour puisse accoster là où moi, je ne peux aller. On dirait que ses ondes bleutées entourant ton île est comme une immense muraille d’eau. Emporté dans ton souvenir, je rassemble les morceaux de ces instants qui continuent de vivre au fond de moi, comme des coquillages gardant le secret de la mer.
Un soir, peut-être, mes mots trouveront ton silence et y déposeront toute la tendresse que mes lèvres ont gardée prisonnière. Rien ne pourra alors leur demander d’où ils viennent, car ils porteront simplement la trace de mon cœur. Tu ne le sais peut-être pas, mais derrière chaque phrase se cache une parcelle de toi, un reflet de ton regard, une inflexion de ta voix, un souvenir que le temps n’a pas réussi à dissoudre.
Et si mes billets doux ressemblent parfois à des barques perdues sur les flots, c’est qu’ils cherchent tous le même quai, celui où ton cœur pourrait enfin les accueillir. Chaque mot que j’écris est une façon de tendre la main à travers la distance. Où que m’emporte la nuit, ma plume revient toujours vers toi, comme l’oiseau migrateur retrouve son ciel après les longs détours de l’hiver. Ne crois jamais que ce ne sont que des mots : j’y ai versé mes silences, mes attentes, mes nuits sans sommeil et tout ce que mon cœur n’a jamais cessé de garder pour toi. Finalement, je crois que ma plume connaît mieux que moi le chemin de ton âme, puisqu’elle y revient sans cesse, même lorsque je lui demande de partir ailleurs. Il suffit d’un souffle, d’une lumière sur l’eau, d’une rumeur venue du large pour que tout recommence : je pense à toi, et mon cœur se remet à écrire. Et lorsque mes derniers mots s’éteindront sur la page, il restera peut-être, entre les lignes, cette vérité que je n’ai jamais su cacher : depuis que mon cœur t’a reconnu, mes mots ne savent plus aller ailleurs.
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