♥ Serge ♥
Mon merveilleux amour
Mon merveilleux amour, il existe dans mon cœur un endroit que nul ne connaît, un lieu secret où ton nom demeure comme une lumière sur laquelle le temps n’a jamais eu d’emprise. C’est là que je viens te retrouver lorsque tu me manques, dans cette contrée silencieuse où mes pensées savent encore rejoindre les tiennes. Je t’imagine parfois près d’un étang immobile, sous les branches d’un vieux saule, tandis que le soir dépose lentement ses ombres sur l’eau et que les roseaux frémissent au moindre souffle.
Peut-être marcherais-je près de toi, sans oser troubler le silence, car ma timidité garderait encore prisonniers tous les mots que mon cœur voudrait déposer entre tes mains. Nous avancerions parmi les fougères et les buissons sauvages, sur un petit sentier que la lumière aurait à peine touché, et je sentirais simplement le bonheur d’être là, tout près de toi. Il me suffirait de croiser ton regard pour que mon âme s’éclaire comme une clairière lorsqu’un rayon de soleil traverse enfin les branches.
Mon merveilleux amour, tu ne sais peut-être pas combien de choses dans la nature me ramènent à toi : le reflet tremblant d’une lune sur l’étang, le parfum discret des herbes après l’aube, le chant d’un oiseau caché dans un buisson, le bruissement des feuilles lorsque le vent passe sans bruit. Tout semble parfois porter quelque chose de toi. Même les petits sentiers qui s’enfoncent sous les arbres me donnent envie de croire qu’ils pourraient conduire jusqu’à toi.
Lorsque le soir descend, j’aimerais pouvoir m’asseoir près de toi dans cette douce solitude, sans avoir besoin de parler, simplement écouter ta voix lorsqu’elle viendrait rompre doucement le silence. Je voudrais connaître les paysages de ton cœur, ses clairières secrètes, ses chemins oubliés, les endroits où tu vas lorsque tu te réfugies dans tes pensées. J’aimerais y être accueillie sans bruit, comme une petite lumière qui ne demande rien, sinon le droit de rester un instant près de toi. Car je ne veux pas seulement aimer ton sourire dans les yeux ou la douceur de ton regard ; je veux aimer aussi tes silences, tes ombres, tes jours plus sombres, tout ce qui compose l’homme que tu es.
Mon merveilleux amour, si je pouvais choisir un seul endroit au monde où déposer mon cœur, ce serait peut-être près de cet étang tranquille où le ciel vient se regarder dans l’eau, à l’abri d’un buisson fleuri, là où personne ne pourrait entendre les battements de mon cœur lorsque tu t’approcherais. Et si tu venais t’asseoir près de moi, je crois que je n’aurais même pas besoin de te parler. Je te regarderais seulement, avec cette tendresse immense que ma timidité dissimule si souvent, et dans mes yeux tu découvrirais peut-être enfin tout ce que mes lèvres n’ont jamais eu le courage de te dire : tu es mon merveilleux amour, celui que mon cœur continue de choisir, même lorsque la distance, le silence et le temps essaient de m’apprendre à vivre sans toi.
©Janedeau Tous droit réservés
Toute reproduction ou utilisation de ce texte ainsi que tous mes autres, sans mon autorisation constitue une atteinte à mes droits d’auteure. Toute utilisation non autorisée peut constituer une violation du droit d'auteur et donner lieu aux recours prévus par la loi.


