samedi 26 septembre 2026

Celui qui connaît la nuit


 ♥ Serge ♥

 Celui qui connaît la nuit

Lorsque la nuit recouvre les arbres de son grand manteau, mon amour, j’aime imaginer qu’un hibou veille quelque part dans l’ombre, immobile sur une branche, les yeux ouverts sur un monde invisible qui échappent complètement à nos regards mais qui existe que dans l’ailleurs. Il me semble alors qu’il pourrait être le gardien de tous les secrets que la nuit recueille, de toutes les pensées qui s’éveillent lorsque les maisons s’endorment et que les cœurs, eux, continuent de parler en silence.

Peut-être pourrait-il devenir mon messager et porter jusqu’à toi ce que je n’ose jamais te dire. Je lui confierais ton nom, ma tendresse, mes souvenirs, et cette étrange nostalgie qui vient parfois se poser sur mon cœur lorsque tu me manques trop. Je lui demanderais de s’envoler avec la légèreté d’un souffle. jusqu’à l’endroit où tu dors, puis de demeurer un instant près de ta fenêtre, comme s’il voulait simplement te rappeler que quelque part, sous le même ciel étoilé, quelqu’un pense à toi.

J’aime ses grands yeux qui semblent regarder au-delà des apparences, comme s’ils pouvaient apercevoir les choses cachées derrière nos silences. Peut-être verrait-il alors ce que je garde au plus profond de moi : cet amour qui n’a jamais su s’éteindre, même lorsque l’attente devenait longue et que le doute venait assombrir mes pensées. Le hibou ne parlerait pas. Il n’en avait pas besoin. Son silence ressemblerait au mien. Il saurait peut-être que certains sentiments n’ont pas besoin de voix pour exister, qu’ils demeurent là, fidèles, dans une petite chambre secrète de l’âme.  

Et lorsque viendrait l’heure de repartir, je l’imaginerais reprendre son envol au-dessus des arbres, emportant avec lui mon secret dans ses ailes silencieuses. Peut-être reviendrait-il vers moi avant l’aube, et je chercherais dans ses yeux une réponse que lui seul connaîtrait. Alors je lui demanderais tout bas : « As-tu trouvé mon amour ? As-tu porté jusqu’à lui tout ce que mon cœur voulait lui dire ? » Et dans le silence de la nuit, j’aimerais croire que son regard me répondrait. Car certains messagers n’ont pas besoin de paroles : ils savent simplement traverser l’obscurité pour rejoindre ceux que le cœur n’a jamais cessé d’appeler.

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♥ Serge ♥

 Pendant que je dormais

Pendant que je dormais, le temps, lui, s’arrêtait sur l’empire de mes rêves. Ils traversaient la nuit comme le fait la clarté d’une lune rousse. Je pouvais prendre ton visage entre mes mains. Tes yeux remplis de bonheur s’emparaient des paysages d’automne. Comme j’aurais voulu, à cet instant même, prendre ta main et suivre le courant de ta rivière bleue qui existe encore dans mes souvenirs.

Mon amour, ta voix, dans le silence de mes songes, venait se poser sur la douceur du vent comme un chuchotement à mon oreille. J’attendais alors que tu boives au calice de mes baisers. En cette nuit magique, mon rêve de toi m’emportait au-delà des nuées, déposant mes vœux les plus chers.

Mon amour, j’aurais voulu que ces heures suspendues ne connaissent jamais le matin. Car chaque aube qui suit réveille le soleil, et il t’emporte parfois loin de moi. Tu quittes l’abri de mon cœur pour des balades au grand air.

Alors au pays des rêves éveillés, je reste seule avec ton souvenir qui ne dort jamais. Je te cherche alors, mon amour, dans tous les endroits secrets de mon âme, espérant que, sous les cieux, tu m’apparaisses avec des sourires dans les yeux, que tous mes mots pour toi aient enfin trouvé le chemin de ton cœur. Que tu comprennes que le mien ne sait pas cesser de t’aimer.



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