mardi 3 novembre 2026

Les larmes de mes automnes

 

♥ Serge ♥

Les larmes de mes automnes

Mon amour, voici encore un automne qui vient doucement draper mes pensées de ton souvenir. Depuis, une profonde déréliction s’est installée dans ma vie ; ton silence est devenu mon exil. Je m’évade alors sur un tapis de feuilles mortes en me demandant pourquoi tu ne réponds pas à mon appel. Aucun son ne traverse l’écho de mes jours et les heures s’enfilent comme les perles d’un collier dont le fermoir est brisé. Ma solitude est comme une île déserte qui s’éloigne du rivage chaque fois que je tente de trouver le chemin qui mène jusqu’à toi.

Il est des jours où chaque goutte de pluie sur ma fenêtre est le reflet silencieux des larmes que je verse en pensant à toi. Je voudrais tellement revoir les sourires dans tes yeux et ces étoiles qui illuminent ton regard, au cœur de cette grisaille qui m’entoure lorsque j’essaie de comprendre ton absence. Tu sais, un seul mot de toi suffirait à apaiser le poids de ton absence et à calmer mes pensées qui te cherchent.

Mon amour, je n’ai sous les yeux que ce paysage morne, dans l’haleine glacée de l’hiver qui est presque à nos portes. La défeuillaison des grands chênes, en déshabillant la forêt, a emporté, parmi ses derniers souvenirs d’or et de pourpre, l’un de mes espoirs, qui s’éteint tout bas. Malgré les jours qui s’en vont et cette saison endormie qui s’est installée dans mon cœur, je puise encore dans le silence de mes nuits le vœu secret de te revoir. Mais mes incertitudes se suspendent à mes jours, telles des feuilles fragiles que le vent d’automne refuse d’emporter loin de leur arbre. Alors, je cherche le secret de tes silences. Je languis de toi en attendant un souffle, un indice qui guiderait mon cœur, mais le vent disperse mes doutes et me laisse encore seule face à l’écho de ton absence.

Parfois, je m’en retourne cueillir les souvenirs de ces instants suspendus, quand ton simple regard habillait ma vie de lumière et que le frémissement des étoiles dans tes yeux m’emportait, me touchant au plus profond de mon âme. Aujourd’hui, je ne vis que dans l’écho de ta voix, habitée par le doux supplice de me demander si notre histoire résonne encore, elle aussi, dans le secret de ton cœur. Ô mon amour, envoie-moi un signe pour que mes peines se noient enfin dans le fleuve azur de ton âme et que tu puisses glisser au creux de mes paumes le doux murmure de ton retour.

©Janedeau Tous droit réservés

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-Déréliction : sentiment profond d’abandon, de solitude et de détresse.

- Languir : souffrir de l’attente, désirer ardemment une présence ou un retour.

- Défeuillaison : chute des feuilles, image naturelle du dépouillement et du passage vers l’hiver.



 

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