♥ Serge ♥
Si tu frappais à ma porte
Si tu frappais à ma porte, mon merveilleux amour, je crois que mon cœur te reconnaîtrait avant même que mes mains aient eu le temps de tourner la poignée. Trois petits coups frappés dans le silence, et soudain toute mon âme se mettrait à trembler, comme si elle avait attendu ce moment depuis toujours. Je resterais peut-être quelques secondes immobile, incapable de croire que derrière cette porte se trouve celui que mes pensées ont tant de fois appelé.
Mais si tu savais, mon amour, combien de fois mon cœur a espéré te voir apparaître dans le paysage de mes jours, et combien de fois il s’est retrouvé déçu de ne découvrir que des visages étrangers à ses désirs. Ce n’était jamais toi. Jamais le visage que mon âme attendait, jamais cette présence que mon cœur reconnaitrait entre mille. Ce n’étaient que des visages de passage venus traverser mon horizon, sans jamais atteindre cette place secrète que mon cœur garde pour toi. Combien de fois ai-je eu envie de pleurer, de crier ma déception au silence, de laisser tomber mes rêves comme des pétales emportés par le vent ! Alors, je n’avais plus qu’une envie : retourner me réfugier dans l’antre du silence, ce lieu secret où je peux encore te rejoindre, loin des regards et du tumulte du monde, là où ton souvenir demeure et où mon cœur, malgré tout, sait encore te retrouver
Mais si c’était vraiment toi, frappant à ma porte, je t’ouvrirais doucement avec cette émotion qui ferait monter les larmes jusqu’à mes yeux, et je te regarderais sans savoir quoi dire, car parfois l’amour est si grand que les mots deviennent trop petits pour le contenir. Tu serais là, simplement là, et tout ce temps passé loin de toi semblerait s’effacer dans la lumière de ton regard. Je voudrais alors te prendre la main, timidement, comme si j’avais peur que le moindre geste trop brusque fasse disparaître ce merveilleux instant.
Je t’ouvrirais et resterais là, à te regarder, savourant le bonheur de te savoir enfin devant moi. Peut-être que ma voix tremblerait en prononçant ton nom mais mes yeux, eux, te diraient tout ce que mon cœur a gardé dans le silence : combien tu m’as manqué, combien je t’ai attendu, combien ton absence a laissé en moi une solitude que rien n’a su combler.
Si tu frappais à ma porte, mon amour, je crois que même la maison entière retiendrait son souffle, comme si les murs eux-mêmes savaient que celui que j’espérais venait enfin de retrouver le chemin de mon cœur.
Et lorsque tu entrerais, je voudrais que tu sentes toute cette tendresse qui a vécu en moi pendant ton absence, cette tendresse demeurée intacte malgré les jours, les silences et la distance. Je ne chercherais pas à retenir le temps ; je voudrais seulement m’asseoir près de toi et écouter ta voix, retrouver la douceur de ta présence, contempler ton visage avec cette émotion que je n’ai jamais su cacher. Peut-être resterions-nous longtemps sans parler, parce que nos silences auraient tant de choses à se raconter.
Dans le secret de mon cœur, je remercierais la vie de t’avoir ramené jusqu’à moi. Si tu frappais à ma porte, mon merveilleux amour, je crois que je n’aurais plus peur de te dire ce que ma timidité a si longtemps gardé prisonnier : je t’aime, je t’ai attendu, et malgré tout ce qui nous a séparés, une part de mon âme a toujours laissé une lumière allumée pour toi. Alors entre, mon amour, entre sans crainte car derrière cette porte, il y a un cœur qui n’a jamais cessé d’espérer entendre tes pas.
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