M’écriras-tu
M’écriras-tu mon amour ? Le vent délaisse les falaises repliant ses ailes, il attend tes mots pour me les rapportés. Tu sais, il connaît bien l’adresse de mon cœur. J’attends juste quelques mots qui aurait traversé tes silences comme une chaude brise traverse un jardin oublié. Je les déposerais dans mes mains. Je sais que certains mots prennent des saisons entières à fleurir.
Si tu m’écrivais, mes grands bouleaux blancs frémiraient de bonheur et les tourterelles inventeraient un chant nouveau pour célébrer le retour d’une espérance. Je m’imprégnerais de chacun de tes mots comme on longe les ajoncs après la marée. On y découvre parfois un coquillage que la mer a poli pendant des années. Ta lettre serait ces coquillages. Je l’approcherais de mon cœur au lieu de mon oreille car je suis certaine qu’on entend mieux l’amour avec l’âme.
Et ta voix, je la retrouverais entre les lignes. Elle se glisserait dans les espaces laissés par les virgules, légère comme une brise qui fait onduler les hautes herbes avant même que le soleil ne les effleure. Tes yeux seraient là aussi, ils habiteraient chaque mot. Ils éclaireraient mon cœur comme la lune éclaire les chemins. Je sais que certaines lettres ne sont pas juste de bout de papier mais elles sont faites de présence.
Mon amour, l’attente se fait désirer. Chaque jour, le feuillage dans les arbres suit la direction du vent espérant abriter ton ombre. Toi, qui a connu tant de défaites, pourquoi me fais-tu vivre ses mêmes tourments ? Pourtant tu devrais si bien me comprendre. Où es-tu donc ? Mon cœur délaissé, se meurt toujours un peu plus. Jusqu’à quand pourrai-je t’attendre avant que la mort décide de m’endormir éternellement ? Dis-moi, m’offriras-tu avant que ne vienne l’heure, ton cœur d’amour ?
©Janedeau



Aucun commentaire:
Publier un commentaire