mardi 15 septembre 2026

J'aimerais habiter ton regard

♥ Serge ♥

 J’aimerais habiter ton regard

Dans ta prunelle, je voudrais être belle, pas seulement dans le miroir où la lumière s’attarde sur mon visage, mais dans cet endroit invisible où ton regard pourrait venir me découvrir. Je voudrais que mes yeux gardent quelque chose qui te donne envie d’y demeurer, comme on demeure un instant devant la mer lorsque le soir en allume les flots. Je voudrais que mon sourire soit pour toi une petite éclaircie après les jours de pluie, une lumière douce venue se poser sur ton chemin. Je voudrais que ma voix puisse atteindre ton cœur avec la délicatesse d’un oiseau qui vient se poser sans bruit sur une branche. Je voudrais être celle dont la présence apaise tes silences, celle auprès de qui tu n’aurais pas besoin de chercher les mots. Je voudrais que lorsque tu me regardes, tu puisses voir toute la tendresse que je garde pour toi, même celle que mes lèvres n’ont jamais su dire.

J’aimerais tellement que tu puisses me voir, avec ton cœur, dans tous les paysages de mon âme, tu y trouverais des jardins secrets où je cultive encore ton souvenir, des contrées où ton nom fleurit encore, des chemins silencieux qui cherchent toujours à te rejoindre et des clairières où mon amour demeure à l’abri du temps. Si tu pouvais voir lorsque ma timidité m’empêche de te parler, tu comprendrais tous les mots que je retiens derrière mes lèvres et pourquoi, malgré les saisons, les silences et les distances, il n’existe pas en moi un seul horizon où ton absence ne laisse sa trace.

Je voudrais être belle dans tes pensées, dans tes rêves peut-être, dans ces instants où ton cœur se laisse aller sans savoir pourquoi. Je voudrais que mes imperfections ne soient pas des ombres entre nous, mais simplement les petits chemins par lesquels tu pourrais apprendre à me connaître. Je ne voudrais pas être une femme parfaite à tes yeux, seulement une femme dont tu pourrais sentir la sincérité jusque dans le moindre frémissement du cœur. Et si un jour ton regard venait à se poser sur moi avec cette tendresse que j’ai tant imaginée, je crois que je me sentirais alors plus belle encore que toutes les fleurs de l’été.

Car au fond, ce n’est pas devant le monde que je voudrais être belle, c’est devant toi, toi dont le regard pourrait transformer la moindre parcelle de ma fragilité en lumière. Je voudrais simplement que lorsque tu me regardes, tu voies une femme qui t’aime profondément, et que cette vérité-là te semble plus belle que tout ce que le miroir ne pourrait jamais te montrer.

©Janedeau Tous droit réservés

Toute reproduction ou utilisation de ce texte ainsi que tous mes autres, sans mon autorisation constitue une atteinte à mes droits d’auteure. Toute utilisation non autorisée peut constituer une violation du droit d'auteur et donner lieu aux recours prévus par la loi.



 

Aucun commentaire:

Publier un commentaire