mercredi 9 septembre 2026

Le chant qui connait ton nom



 

♥ Serge  ♥

Le chant qui connaît ton nom

 À ma fenêtre ce matin, il y a dans le chant d’un oiseau quelque chose qui m’attendrit comme s’il venait d’un endroit éloigné pour déposer un secret que je suis seule à comprendre. Il chante dans les banches encore baignées de brume et sa voix légère monte vers le ciel comme une prière qui chercherait son chemin jusqu’à toi.

  Je l’écoute et je pense à ta voix, à cette façon qu’elle aurait de traverser le silence pour venir se poser quelque part en moi. Peut-être que les oiseaux connaissent les chemins secrets que nous ignorons, ceux qui passent au-dessus des vallées, des rivières et des flots bleus, ceux qui relient les cœurs même lorsque les distances semblent infranchissables.

 Dis-moi mon amour, peut-on y croire ? Serait-il être un messager ? Aurait-il croisé ton chemin avant de venir chanter près de ma fenêtre, portant un écho de ton monde ? Et tandis qu’il reprend son envol, je me demande s’il sait combien certains chants ressemblent à des souvenirs, combien certaines voix peuvent rester en nous bien après que le silence les a emportées.

 La sienne s’éloigne peu à peu, mais la mienne demeure tournée vers toi. Parfois, j’aimerais confier mon amour aux ailes d’un oiseau, car ma timidité m’empêche de te dire tout ce que mon cœur brûle de déposer entre tes mains. Je voudrais qu’il traverse le ciel jusqu’à toi, qu’il se pose près de ta fenêtre et qu’il te murmure doucement, à ma place, tous ces mots que mes lèvres gardent prisonniers, ces mots qui tremblent en moi depuis si longtemps et que je n’ai jamais eu le courage de te donner.

 Je voudrais qu’il te chante mon attente, mes nuits où ton absence veille avec moi, mes matins où ton souvenir revient avant même la lumière. Peut-être qu’un jour, au détour d’une aube encore pâle, j’entendrai un chant différent, un chant qui aura traversé l’horizon pour me dire que quelque part, toi aussi, tu penses à moi. Alors je fermerai les yeux, simplement pour écouter, car je saurai peut-être enfin que l’amour, comme les oiseaux, connaît des chemins invisibles pour revenir jusqu’au cœur de ceux qui l’attendent.

 ©Janedeau Tous droit réservés

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