mardi 8 septembre 2026

Quand ton souvenir me rejoint

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Voici deux billet doux

Le premier écrit depuis longtemps 

 et le second se nomme découragement

Gros découragement 

♥ Serge ♥ 

Quand ton souvenir me rejoint

J’aime la pluie lorsqu’elle glisse à ma fenêtre, que sous la grisaille des nuées, ta pensée chemine doucement sur mon chemin pour venir me rejoindre. Elle tombe sur les roseaux qui frémissent au bord de l’eau et leur murmure ressemble à un aveu que le vent aurait gardé de toi. Je contemple les gouttes ruisseler sur ma fenêtre. Et je les imagine venues de très loin ayant traversé les vallées, les champs et les grands chemins du ciel pour accoster enfin près de moi. Alors la nuit frémit sous le passage du vent, les nuées s’effilochent au-dessus des chaumières et dans leur grand tourbillon, je crois reconnaître quelque chose de ton âme.  

 Il suffit parfois d’une pluie pour que mon cœur s’emballe et se mettre à espérer comme si chaque goutte portait une parcelle de ta présence mon amour. Et dans le silence où ton absence devient plus profonde, je viens boire à la fontaine de ton souvenir, cette source secrète où mes lèvres retrouvent encore le goût de tes mots, la douceur de ta voix et la lumière de ton regard. Je ne sais pas si tu penses à moi lorsque la pluie tombe, mais j’aimerais croire qu’au même instant, quelque part sous le même ciel, une goutte s’attarde contre ta fenêtre et te murmure mon nom.  

Alors je laisse la pluie couler, les roseaux danser, je laisse le vent soulever les nuées car peut-être que parmi ses murmures, il y en a un qui vient de toi et qui après avoir longtemps errer sur les flots, vient doucement au rivage de mon cœur.

©Janedeau Tous droit réservés

Toute reproduction ou utilisation de ce texte ainsi que tous mes autres, sans mon autorisation constitue une atteinte à mes droits d’auteure. Toute utilisation non autorisée peut constituer une violation du droit d'auteur et donner lieu aux recours prévus par la loi.


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♥ Serge ♥


La dernière barque de mon espoir

Il y a des jours où je ne crois plus en rien, même l’horizon semble avoir fermé ses portes et l’âme fatiguée de subir toujours des défaites, je ne trouve plus la force de regarder vers demain. Je ne sais plus où déposer ma peine ni quelle étoile pourrait encore recueillir ce qu’il reste de mes espérances car ma foi m’a quittée doucement, comme un oiseau qui s’éloigne sans bruit lorsque vient le temps de chercher un autre ciel. J’ai tant espéré ton retour que l’espoir parmi toutes mes défaites, est devenu une douleur.

J’ai laissé tant de fois une lumière allumée au fond de moi, croyant que tu finirais par en apercevoir l’éclat, mais les nuits ont passé et ton silence est demeuré. Alors aujourd’hui, que j’ai l’âme meurtrie, je me demande si tu ne reviendras jamais. Peut-être que mon cœur attend encore sur ce vieux quai où les souvenirs viennent accoster, tandis que toi, tu as déjà pris le large vers d’autres horizons. Et moi, je suis restée là, avec les mains pleines de rien, à regarder les flots emporter les rêves que j’avais construits autour de ton nom. Même les roses semblent avoir perdu leur parfum, même l’aube paraît hésiter avant d’entrer dans ma chambre, comme si elle savait que je n’ai plus la force d’accueillir sa lumière. Je voudrais croire encore, mais comment croire lorsque chaque espoir que l’on nourrit devient une nouvelle blessure ?

Comment attendre lorsque l’on ne sait plus si quelqu’un, quelque part, pense encore à nous ? J’ai cherché ta présence dans le vent, dans le murmure des roseaux, dans les nuées qui traversent le ciel, dans chaque voix qui ressemblait un peu à la tienne, et peut-être qu’à chaque fois mon cœur s’est trompé de chemin. Peut-être que tu ne reviendras pas. Peut-être que ton chemin s’est éloigné du mien pour toujours. Cette pensée me déchire, parce qu’une partie de moi continue malgré tout de garder ton souvenir comme on garde entre ses mains une dernière parcelle de chaleur avant que la nuit ne l’emporte. Je voudrais pouvoir te dire que je suis forte, que je sais maintenant renoncer, mais mon cœur ne connaît pas ce mot lorsqu’il s’agit de toi. Il sait seulement aimer, attendre, se souvenir et souffrir en silence. Pensez au silence de tes lèvres, au silence de tes promenades, au silence de tes bonheurs et ta voix mélodieuse que tu ne fais entendre qu’aux autres.

Alors ce soir, je ne demande plus au ciel de me rendre ce que j’ai perdu car depuis ma jeunesse, le malheur ne me quitte pas. Si je pouvais juste avoir sur mon âme, un peu de douceur, afin que je puisse traverser cette nuit où ma foi s’est éteinte. Et si vraiment tu ne dois jamais revenir, alors laisse-moi au moins garder cette dernière vérité : je t’aurai aimé jusqu’au bout de mon espérance, jusqu’à l’endroit même où mon cœur n’a plus su croire. Peut-être qu’un jour, très loin d’ici, une nouvelle aube trouvera le chemin de mon âme. Mais je ne serai plus de ce monde. Alors ce soir, je suis simplement une femme devant la mer, regardant disparaître au loin la dernière barque de son espoir et murmurant encore, malgré elle, ton nom

©Janedeau Tous droit réservés

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